L’Artiste
Aglaia Konrad (née en 1960 à Salzbourg, Autriche ; vit et travaille à Bruxelles, Belgique)
CARRARA (2010)
Carrara Cuts, pages (2011/2026)
Le film d’Aglaia Konrad, CARRARA (2010), explore les célèbres carrières de marbre de Carrare. À travers une approche tectonique, attentive aux masses et aux volumes, Konrad révèle des architectures monumentales et monolithiques qui semblent émerger d’un chaos minéral. À première vue, le film pourrait être perçu comme l’observation d’une montagne et d’un paysage mis à nu par l’exploitation humaine. Pourtant, la caméra de Konrad révèle une réalité plus complexe, où s’affrontent des forces opposées : ce qui remonte à la surface et ce qui disparaît, ce qui est extrait et ce qui se trouve réabsorbé dans la montagne. Façonnée par soustraction, selon un processus analogue à celui d’un sculpteur qui fait émerger une forme en retirant la matière, la montagne dévoile peu à peu une architecture, l’extraction continue du marbre donnant paradoxalement naissance à des structures monumentales au cœur même du massif. À l’échelle du site, l’activité humaine paraît minuscule, presque lilliputienne ; elle produit pourtant de véritables formes architecturales, voire une forme d’urbanité. Le film met ainsi en lumière une tension fondamentale entre le pouvoir transformateur du travail humain et son caractère provisoire. Les formes architecturales révélées par le processus d’extraction ne constituent jamais un état définitif : elles sont sans cesse reconfigurées par l’extraction en cours, jusqu’à être elles-mêmes altérées, effacées ou remodelées.
Le film est présenté en dialogue avec une série de photographies, Carrara Cuts, pages (2011/2026). La pierre et la roche occupent presque tout le cadre, dans une séquence qui juxtapose des images — découpées à la manière des blocs de marbre eux-mêmes — et qui se situe au croisement de la sculpture et de l’architecture.
La pratique d’Aglaia Konrad repose sur un vaste corpus de photographies — un atlas au sens où l’entendait Aby Warburg, une mémoire vivante — dont les thèmes principaux sont le brutalisme international, les formes métropolitaines contemporaines, l’histoire de l’architecture, le béton et le marbre, les sculptures architecturales, les utopies et leurs contradictions, les chantiers et les démolitions. L’artiste mène des recherches documentaires approfondies, qui servent à la fois de préambule et de fondement essentiel à la manière dont elle présente ses images. Elle conçoit des installations d’exposition dans lesquelles ses images sont mises en scène en fonction des espaces, des contextes et des situations spécifiques dans lesquelles elles sont montrées.
Parmi ses expositions individuelles récentes figurent la Secession, Vienne (2025) ; le FOMU, Anvers (2023) ; et le Museum M Leuven (2016). Elle a reçu le Prix national autrichien de photographie (Österreichischer Staatspreis für Fotografie) en 2023 et a participé à la Documenta X, à Kassel, en 1997.
La Galerie
Établie à Liège (Belgique) depuis novembre 1998, la galerie Nadja Vilenne défend une vingtaine d’artistes tant confirmés qu’émergents, belges et étrangers, dans une dimension de très grande proximité avec ses artistes. Elle mène une recherche fondamentale sur des artistes à la carrière confirmée (Jacqueline Mesmaeker, Jacques Lizène, Werner Cuvelier, John Murphy…) accompagne des artistes menant une carrière internationale (Suchan Kinoshita, Aglaia Konrad, Olivier Foulon, Michiel Ceulers…) et contribue au développement des jeunes pousses (Loïc Moons, Gaetane Verbruggen, Sandrine Morgante…).Elle participe depuis sa création à de nombreux salons et foires, mène une politique éditoriale et initie des projets hors les murs. Ancrée dans une dimension conceptuelle et poétique de l’art, la galerie se tourne volontiers vers toutes les productions, installations, peinture, sculpture, dessin et vidéo.
Information
5, rue Commandant Marchand
b. 4000 Liège
BELGIUM