En lien avec l’histoire de l’hôpital de la Salpêtrière, OFFSCREEN a présenté une rare sélection de tirages photographiques issus d’un ensemble de 47 plaques réalisées par Albert Londe en 1893, lors des séances du Dr Charcot.
Présentée en collaboration avec la Galerie Baudoin Lebon, cette collection explore un moment clé, lorsque la photographie affirmait révéler une vérité clinique, tout en contribuant à la construction spectaculaire du concept d’hystérie.
Créé en 1882, le Service photographique de la Salpêtrière fut un pionnier de la photographie médicale, saisissant avec une précision inédite les symptômes fugaces de l’hystérie, de l’épilepsie et des états de crise. Les photographies exposées, à la croisée de l’art, de la science et du pouvoir, témoignent également d’une mise en scène controversée : les célèbres « leçons du mardi » de Jean-Martin Charcot ont été qualifiées de « véritables spectacles ».
En 1882, Albert Londe mit au point un appareil permettant de photographier les mouvements des patients grâce à un appareil à neuf objectifs ; cette technique lui permit de synchroniser systématiquement le déclenchement des obturateurs afin de capturer les phases successives d’un mouvement (chronographie). Plus tard, il inventa plus tard un appareil photo à douze objectifs qui augmenta encore la précision de son travail. Albert Londe développa ces techniques pour documenter les symptômes des patientes atteintes d’épilepsie, d’hystérie ou d’autres troubles neurologiques étudiés par Charcot.
Au-delà de la fonction documentaire, ses photos sont marquées par une forte théâtralité, les patientes étant souvent mises en scène, comme en témoignent la présence des lits, des toiles de fond et des médecins qui les observent. Georges Didi-Huberman a théorisé la théâtralité de ces images dans son ouvrage fondateur de 1982, L’invention de l’hystérie.