Installations, images fixes et en mouvement
20-25 octobre 2026

Waldemar Cordeiro
par The Mayor gallery

L’Artiste

Waldemar Cordeiro (1925 – 1973, Italie – Brésil)

Gente Grau 0 (1973)
Sortie d’imprimante sur papier, 140,5 x 75 cm
Autoretrato Probabilistico (1967)
Acrylique, bois et photographie, 35,5 x 29,5 x 31 cm
The Woman is Not B.B. (Brigitte Bardot) (1971)
Impression offset, 61 x 44,5 cm
Derivatives of an image degree 1 (1969)
Impression offset, 61,2 x 44,5 cm

Waldemar Cordeiro fut le premier artiste d’Amérique latine à créer de l’art computationnel à la fin des années 1960 et dans les années 1970, et l’un des premiers artistes à réaliser des œuvres numériques porteuses d’une critique sociopolitique.

La série Derivatives of an Image [Dérivés d’une image] est une œuvre historique majeure, qui transforme des images photographiques en données numériques discrètes, à une époque où les technologies d’image numérique étaient encore largement expérimentales. Recourant à une méthode pionnière de numérisation d’images avant même le développement des scanners, et construisant manuellement une grille ainsi qu’un système de valeurs tonales, Cordeiro anticipe la logique du pixel propre à la photographie numérique et au traitement d’image. Dans Gente Grau 0 [Personnes degré zéro], les visages expressifs de la foule se pressent les uns contre les autres dans une image traduite d’une photographie documentant une manifestation sur une place publique de São Paulo, durant la période la plus sévèrement répressive de la dictature militaire brésilienne. Cordeiro a trouvé l’image dans un journal local, puis l’a soumise à un processus de numérisation manuelle. Une autre version de cette œuvre fait partie de la collection du MoMA à New York.

Dans A Mulher que Não É B.B. [La femme qui n’est pas B.B.], Cordeiro utilise l’image d’une victime vietnamienne de la guerre comme contrepoint à l’actrice française Brigitte Bardot, qui comptait alors parmi les stars de cinéma les plus célèbres au monde. En remplaçant certains chiffres au hasard par des « x » pour symboliser la destruction causée par la guerre, Cordeiro a insufflé à l’œuvre un message politique pacifiste.

Dans Auto-Retrato Probabilistico [Autoportrait probabiliste] (1967), Cordeiro utilise sa propre image comme point de départ d’une œuvre tridimensionnelle déconstruite. Son image est découpée en sections et superposée aux mots « oui » et « non » en portugais, imprimés dans une typographie de style poésie concrète, afin de transmettre un message à la fois binaire et multi-perspectif.

Waldemar Cordeiro était un artiste, critique, designer et architecte paysagiste brésilien, figure centrale du développement de l’art concret au Brésil dans les années 1950, qu’il a porté à travers la fondation du Grupo Ruptura (1952). Parmi ses expositions collectives figurent la Biennale de Venise (2024) ; le Barbican, Londres (2006) ; le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (2001) ; la Biennale de São Paulo (1951, 1954, 1957, 1959, 1961, 1963 et 1965), entre autres. Ses œuvres font partie d’importantes collections muséales et privées à l’international, notamment la Collection Cisneros (CPPC), le Museum of Fine Arts, Houston, le MoMA, New York, le Reina Sofía, Madrid, le Museu de Arte Contemporânea, São Paulo, et le Victoria & Albert Museum, Londres.

La Galerie

La Mayor Gallery, première galerie à avoir ouvert ses portes à Cork Street, à Londres, célèbre cette année son centenaire dans ses nouveaux locaux situés au cœur de St James’s. Fondée par Fred Mayor (1903-1973) en 1925, la Mayor Gallery a permis à de nombreux artistes d’exposer pour la première fois en Angleterre, notamment Bacon, Calder, Ernst, Klee, Masson et Miró, entre autres.

La Mayor Gallery a également été le centre névralgique de UNIT ONE, un groupe dont faisaient partie Henry Moore et Ben Nicholson. Le fils de Fred, James Mayor, a repris la galerie en 1973 et y a présenté, depuis lors, les œuvres de nombreux artistes américains de premier plan, notamment Hesse, Lichtenstein, Martin, Rauschenberg, Ryman, Twombly, Warhol et Wesselmann.
La galerie continue de présenter les œuvres des plus grands artistes pop ainsi que celles du Nouveau Réalisme européen, du surréalisme et du dadaïsme ; elle est aujourd’hui reconnue internationalement comme la première galerie londonienne dédiée aux mouvements ZERO et concret international. La galerie participe régulièrement à des salons d’art internationaux tels que la TEFAF (Maastricht), la TEFAF (New York), Art Basel (Bâle) et Frieze Masters (Londres)

Information

9 Bury Street, St James’s
London, SW1Y 6AB
United Kingdom