L’Artiste
Boris Mikhaïlov (né en 1938 à Kharkiv, Ukraine ; vit et travaille à Berlin, Allemagne)
Arles, Paris… and (1989)
Après la chute du régime soviétique, Boris et Vita Mikhaïlov découvrent l’Occident pour la première fois, notamment Arles et paris. L’artiste réalise quarante-neuf tirages argentiques noir et blanc rehaussés à la gouache et à l’encre dorée ou argentée. Cette série marque un tournant dans sa pratique : tout juste sorti des privations et censures soviétiques, il pose un regard fasciné sur des scènes du quotidien occidental. La couleur traduit ses sensations autant que la réalité observée, captant un sentiment d’abondance et une énergie joyeuse. Moment d’expérimentation formelle singulier dans son œuvre, cette série constitue aussi une parenthèse lumineuse avant des créations plus sombres, marquées par l’inquiétude face aux bouleversements engendrés par l’arrivée du capitalisme dans l’ancien bloc de l’Est.
Boris Mikhaïlov est un photographe autodidacte. Ingénieur de formation, il est renvoyé de son poste à la fin des années 1960 lorsque le KGB découvre des clichés de sa femme nue. Cet épisode le pousse à se consacrer entièrement à la photographie clandestine, en réaction aux images de propagande qui camouflaient la réalité de la vie soviétique. Il présente son travail dans des « cuisines dissidentes » et rejoint un collectif qui deviendra le noyau de l’école de Kharkiv. Aujourd’hui figure majeure de la scène internationale, il a reçu le prix Kaiserring (2015), le prix Citibank/Deutsche Börse (2001) et le prix Hasselblad (2000), et a représenté l’Ukraine à la Biennale de Venise (2007, 2017).
Parmi ses expositions personnelles institutionnelles figurent The Photographers’ Gallery, Londres (2025) ; le Palazzo Esposizioni Roma, Rome (2023) ; la Maison Européenne de la Photographie, Paris (2022) ; le PinchukArtCentre, Kyiv (2019) ; et le Museum of Modern Art, New York (2011). Parmi ses expositions collectives figurent le Musée d’Art Moderne de Paris (2024) ; la Bourse de Commerce-Pinault Collection (2022) ; le Centre Pompidou, Paris (2016) ; Manifesta 10 au Musée d’État de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg (2014) ; le Museo Reina Sofía, Madrid (2014) ; et le Barbican, Londres (2018).
Ses œuvres font partie de collections publiques majeures, notamment celles du Museum of Modern Art, New York ; du Metropolitan Museum of Art, New York ; de la Tate, Londres ; du Victoria and Albert Museum, Londres ; du Stedelijk Museum, Amsterdam ; du San Francisco Museum of Modern Art ; du Hamburger Bahnhof, Berlin ; du Museum Ludwig, Cologne ; et du Tel Aviv Museum of Art, entre autres.
La Galerie
Après avoir ouvert et dirigé sa première galerie à Barbizon pendant 20 ans, Suzanne Tarasieve s’installe à Paris en 2003, poursuivant un objectif de représenter des artistes émergents et établis, avec un programme d’exposition international évoquant les grandes transformations historiques du XXème et XXIème siècle. Le programme est développé en collaboration avec des musées, des centres d’art et des commissaires d’expositions. La galerie Suzanne Tarasieve expose et soutient la production d’œuvres qui vont du Néo-expressionnisme allemand aux œuvres récentes d’artistes émergents.
Après la disparition de Suzanne Tarasieve en décembre 2022, la galerie est reprise par ses quatre collaborateurs qui prolongent le travail de la désormais légendaire fondatrice.
Information
7 rue Pastourelle
75003 PARIS