L’Artiste
Reena Saini Kallat (née en 1973, Delhi, Inde; vit et travaille à Mumbai)
Pattern Recognition (2021–2022) et (2023)
Dans cette série d’œuvres conceptuelles sous forme de collages numériques, Reena aborde la question des politiques transfrontalières en constante évolution et des inégalités en matière de visa. Pattern Recognition explore les inégalités de mobilité internationale à travers le format d’un tableau optométrique de Snellen. Chaque cadre représente un pays, disposé en pyramide comme le Henley Passport Index 2022, qui classe les nations en fonction du nombre de destinations accessibles sans visa à leurs citoyens. Le Japon occupe le sommet, avec un accès à 193 pays, tandis que l’Afghanistan se situe à la base.Chaque cadre montre un page d’un carnet rempli d’images collectées dans les médias, mentionnant les guerres, les crises migratoires, les déplacements climatiques, les mouvements de protestation et la pandémie. Collectivement, ils dessinent le portrait d’un monde traversé par de profondes inégalités, où privilèges et politiques définissent les droits d’accès et les chemins possibles. Dans la version de 2023, les pays prennent la forme de cartes nationales, redimensionnées et disposées en fonction de leur degré de liberté de circulation. L’utilisation de fils électriques symbolise à la fois des réseaux et la restriction et le contrôle.
Reena Saini Kallat est une artiste qui travaille à la fois le dessin, la photo, la sculpture et les installations à grande échelle. Ses œuvres abordent des thèmes comme la mémoire, la migration, l’identité culturelle et la fragilité des frontières politiques, souvent en utilisant des matériaux qui ont une valeur symbolique, comme des câbles électriques, du sel et des tampons en caoutchouc. En superposant des références historiques, des formes cartographiques, des emblèmes officiels, des instruments bureaucratiques et des photos retrouvées, Kallat explore la manière dont les systèmes de gouvernance et de pouvoir façonnent à la fois la mémoire collective et l’expérience individuelle.
Parmi ses expositions personnelles, citons celles du Kunstmuseum Thun, à Thoune, en Suisse (2023) ; du Musée national des arts asiatiques – Guimet, à Paris, en France (2020) ; et du Manchester Museum (2017). Parmi ses expositions collectives, citons la Biennale d’art de Sharjah, Émirats arabes unis (2023) ; le Musée national d’art moderne et contemporain, Séoul, Corée (2020) ; le Musée Migros d’art contemporain, Zurich (2020) ; l’ICA Boston, Massachusetts, États-Unis (2019) ; la Tate Modern, Londres, Royaume-Uni (2018) ; MoMA, New York, États-Unis (2016) ; Pirelli HangarBicocca, Milan, Italie (2007) ; ZKM | Centre d’art et de technologie des médias, Karlsruhe, Allemagne (2007). Ses œuvres font partie des collections de la Fondation d’art de Sharjah, Émirats arabes unis ; Kadist, France ; Vancouver Art Gallery, Canada ; Art Gallery of New South Wales, Sydney, Australie ; entre autres.
La Galerie
Fondée à New Delhi en 1997, Nature Morte est une galerie de premier plan dédiée à l’art contemporain indien. Elle représente un large éventail d’artistes à travers différents médiums, qui s’engagent à inscrire leur pratique dans les conversations du monde entier. Son programme allie expérimentation et engagement critique, et ses artistes participent aux biennales, exposent dans des musées et font partie de collections à travers le monde. La galerie Nature Morte, qui dispose d’espaces d’exposition à New Delhi et à Gurgaon et participe régulièrement à des foires d’art internationales, continue de façonner le discours global sur l’art contemporain sud-asiatique.
Information
703, Chiranjiv Tower,
43, Nehru Place,
New Delhi-110019.
India