Installations, images fixes et en mouvement
20-25 octobre 2026

Kameelah Janan Rasheed
par NOME

L’Artiste

Kameelah Janan Rasheed (née en 1985, East Palo Alto, Californie, États-Unis ; vit et travaille à Los Angeles et Brooklyn, États-Unis)
Air Shaft Study I–III (2023)

Air Shaft Study I–III réunit trois installations monumentales construites autour du texte. La série s’inspire de la composition jazz Harlem Air Shaft (1944) de Duke Ellington, où le musicien décrit les espaces étroits entre les immeubles de Harlem comme des lieux d’amplification sensorielle, remplis de voix, d’odeurs et de vie : « On entend des disputes, on sent le dîner, on entend des gens faire l’amour. Un puits d’aération est un immense haut-parleur. […] Un puits d’aération contient tous les contrastes. » Pour Kameelah Janan Rasheed, ce puits d’aération devient une métaphore à la fois architecturale et linguistique, où le sens se retient, se fragmente et se transforme. Chaque bannière présente une phrase répétée dont un seul mot change, faisant glisser la signification et jouant sur l’ambiguïté interprétative. Comme le puits d’aération, l’œuvre amplifie ce qui est à proximité, invitant à réfléchir sur la lisibilité de l’absence et la saturation du sens.

Kameelah Janan Rasheed est une artiste interdisciplinaire, écrivaine et enseignante, dont la pratique explore la poétique et la politique de la production du savoir, les épistémologies noires et les possibilités offertes par le langage. Se décrivant elle-même comme une « apprenante », Rasheed engage le texte sous tous les angles pour examiner la façon dont le sens se construit, s’interprète et circule. Pour elle, lire et écrire ne sont pas des actes passifs mais des gestes génératifs — des manières de penser, questionner et devenir. Cette approche nourrit sa vision du texte comme organisme vivant et mutable, résistant à toute fixation et invitant à l’itération constante et à l’intervention.

Sa pratique se déploie dans un véritable écosystème de projets et d’expérimentations : installations à grande échelle, performances-conférences, publications, œuvres sonores, interventions dans les bibliothèques, collages photocopiés, et d’autres formes encore à inventer.

Parmi ses expositions personnelles, citons REDCAT, Los Angeles (2024) ; KW Institute for Contemporary Art, Berlin (2023) ; Art Institute of Chicago, Chicago (2023) ; et Kunstverein Hannover, Hanovre (2022). Parmi ses expositions collectives, citons Palais de Tokyo, Paris (2025-2026) ; The Kitchen, New York (2025) ; New Museum, New York (2018) ; et Studio Museum in Harlem, New York (2019, 2016). Rasheed est boursier Guggenheim en beaux-arts (2021) et lauréat d’une bourse VIA (2025).

La Galerie

NOME est une galerie d’art contemporain basée à Berlin, fondée par Luca Barbeni en 2015. Située à la croisée de l’art, de la technologie et de la politique, la galerie présente un programme qui examine de manière critique les récits contemporains et historiques, en particulier ceux façonnés par les systèmes de pouvoir, la représentation et l’influence technologique.
NOME présente une liste diversifiée d’artistes internationaux émergents et en milieu de carrière dont les œuvres traitent de problèmes mondiaux brûlants, allant de la surveillance et de la confidentialité des données à l’exploration ethnographique des contre-récits autochtones et noirs, à travers divers médias, notamment l’art numérique, la performance et les pratiques temporelles.

Information

Potsdamer Str. 72
10785 Berlin
Allemagne